Perspective historique de la lutte contre la chasse à courre

La chasse à courre, divertissement favori des rois de France et des seigneurs depuis le Moyen Age, a toujours suscité l'aversion des esprits éclairés connaissant la compassion. Au XVIème siècle, Montaigne écrit : « De moi, je n'ai su voir seulement sans déplaisir poursuivre et tuer une bête innocente qui est sans défense et de qui nous ne recevons aucune offense, et comme il advient communément que le cerf, se sentant hors d'haleine et de force, n'ayant plus aucun remède, se rejette et se rend à nous-même qui le poursuivons, nous demandant merci, par ses larmes, ce m'a toujours semblé un spectacle très déplaisant. »
A la Révolution, ce divertissement aristocratique tombe en désuétude après l'abolition du privilège de la chasse, et c'est Napoléon qui en réactive la pratique pour la réception de chefs d'État étrangers, de même qu'il a rétabli l'esclavage.
Dans les années 1980, la chasse à courre a été bien près d'être abolie et la SPA a mené une intense campagne, rejointe par toutes les associations de protection animale. Elle a multiplié les rencontres avec des députés, des ministres, des sénateurs, organisé en 1983 une manifestation qui mobilise 3000 personnes dans la rue sur ce seul sujet. 74% des Français se prononcent pour l'abolition immédiate. Des interpositions ont lieu en forêt et les veneurs doivent souvent passer dans les villages sous les huées. Des personnalités de tous ordres (Thierry Le Luron, Annie Cordy, mais aussi Claude Levi-Strauss, Barjavel, Marcel Arland, ou Maurice Schuman, le professeur Wolf) prennent position. Alain Bombard, premier secrétaire d'Etat à l'environnement du gouvernement de gauche, envisage alors son abolition. C'était méconnaître la puissance du lobby-chasse, et c'est lui qui doit démissionner !
Michel Crépeau, le ministre suivant, renonce à l'interdire et Huguette Bouchardeau se contente d' « encadrer » cette pratique. Depuis, on a pu croire que la lutte était retombée, au point que les veneurs n'hésitent pas à déclarer leur pratique désormais admise par la population.
Aujourd'hui ce combat reprend. A cause de l'inertie des pouvoirs publics, des sabotages de chasse ont lieu en forêt, le collectif pour l'abolition regroupe tous les écologistes et protecteurs, les ministres et les partis politiques sont contactés. On demande aux personnalités d'aujourd'hui de prendre position. Des journaux peuvent reposer la question : « Faut-il interdire la chasse à courre ? » A cette question, sans hésiter, nous répondons, oui, il le faut, et tout de suite.

 

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